Carfantin

 

D'après le Pouillé de l'archevêché de Rennes, publié en 1882 (tome 3) et 1883 (tome 4) par le chanoine Guillotin de Corson, la tradition prétend qu'il y avait là un monastère, fondé par Saint Samson, au 6e siècle, près de la fontaine qui porte son nom, puis gouverné ensuite par Saint Magloire.

Fontaine Saint Samson, restaurée récemment par M. Bouillon, sculpteur

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Carfantin devient paroisse de bonne heure. Sa fête patronale était, dès 1076, l'Assomption, et la paroisse comprenait à cette date, le village de Mezwoit (aujourd'hui Mabouet), qui lui fut retiré pour être rattaché à la paroisse de l'Abbaye, moyennant tribut, versé chaque année, à la fête de l'Assomption, signe que Carfantin était bien l'église-mère.

L'abbé Manet dit que cette paroisse portait le nom de Carfantain-le-Noble, et que son bourg avait un petit port.

En  1856, l'ancienne église mesurait 12 m de long, pour 7 m de large ; elle devait être de taille insuffisante pour une population d'environ 800 personnes, sur un territoire de 1000 ha environ. Elle était entourée d'un cimetière.

 

 

La première pierre de la nouvelle église
fut posée le 5 avril 1857, par l'abbé François Causson,
recteur depuis 1851 et jusqu'en 1864,
et qui, pour l'exercice de son ministère,
était assisté d'un vicaire.
 
A l'époque, on construisait l'église plus grande,
avant d'avoir démoli l'ancienne.
La nouvelle église, bâtie sur les plans de M. Hook, architecte, sur un modèle gothique,
fut ouverte en 1858,
puis on entreprit la construction de la tour,
avec, sur la façade,
les statues des Saints Samson et Magloire,
dues au sculpteur M. Hernot,

et de la flèche, élégante avec sa pierre sculptée et ajourée.
Les décors intérieurs étaient constitués
d'autels et de chaire en bois sculpté.
 
C'est le 14 juin 1861 qu'elle fut bénite
par Monseigneur Saint Marc,
Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo,
assisté de son Vicaire Général.
Ce même jour furent confirmées 432 personnes,
335 de Baguer Morvan et 97 de Carfantin.

 

Eglise N.D. de l'Assomption à Carfantin

 

Entre 1855 et 1895 furent construits des calvaires au Champ Dolent et place Saint Samson ; en 1867, on décida de la construction d'un autre presbytère ; en 1873, l'ancien cimetière, autour de l'église fut supprimé, et en 1874 le recteur demanda aux religieuses de N.D. des Chênes d'ouvrir une école paroissiale, qui fonctionna jusqu'en 1960.

 

En 1944, l'église eut beaucoup à souffrir des bombardements. On avait évacué les statues de l'église, sauf le groupe de La Salette,
et les messes étaient célébrées dans une grange aux Haies et à la Haie.
En 1946, l'abbé Poirier et les paroissiens décidèrent de construire une grotte à N.D. de La Salette et d'y faire un pèlerinage.
En 1952, Son Eminence le Cardinal Roques vint à Carfantin pour la confirmation et la bénédiction de l'église restaurée. Il fera une visite à la grotte ; il reviendra en 1958 pour le centenaire de l'église, dont les cloches avaient été électrifiées en 1954.

Grotte N.D. de La Salette, en Carfantin (1946)

 


Pourquoi cette dévotion à N.D. de La Salette à Carfantin ?

On se rappelle que c'est le 19 septembre 1846 que Notre Dame apparaît à La Salette (Isère) à deux bergers Maximin Giraud et Mélanie Calvat. En 1851, l'évêque de Grenoble reconnaît l'apparition ; à partir de 1872, des pèlerinages sont organisés, notamment par les Assomptionnistes. La Vierge est couronnée en 1872, et le sanctuaire érigé en basilique. 200.000 visiteurs sont dénombrés chaque année.

L'origine de la dévotion à N.D. de La Salette à Carfantin tient au fait qu'en 1865 Maximin ait servi six mois dans les Zouaves Pontificaux, sous les ordres du lieutenant Auguste de Couessin (futur commandant), qui ne fut pas sans relater ces faits à ses sœurs ; elles habitaient à la Motte, qui leur venait de leur grand-père Maurice de Couessin. On comprend aisément qu'elles aient développé le culte de la Vierge, sous ce vocable, dans leur paroisse. Quant à la grotte, elle a été édifiée sur un terrain mis à disposition par M. François de Montcuit, lui-même petit-fils d'Auguste de Couessin.

 

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Texte de Roger Bazin et Dominique Cortyl