Patrimoine religieux: Epiniac et Saint Léonard

1- Saint Léonard: l'église (XIIe s., 1787, XXe s.)

L'église paroissiale Saint Léonard est celle d'une commune supprimée au début de la révolution et ajoutée à Epiniac à l'Ouest. Le clocher de Saint Léonard correspond à un type fréquemment observé de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe . Les murs du sanctuaire sont peu élévé et de facture classique. L'église est construite sous le rectorat de Gilles Nicolas Jean Mancel , chassé en 1792 avant de retrouver son poste de 1803 à 1813.
Le clocher carré s'élève au-dessus de l'entrée principale. Il a été construit en 1788, (sa charpente a été refaite à la fin du XIXe siècle). On y accède par un escalier extérieur en pierre, raide et sans palier. au centre une grande fenêtre ronde étatait destiné à éclairer la tribune.On admirera le galbe de son toit adoucies par des pans coupés ceinturés d'un anneau métallique. A sa base une charmante lucarne en oeil de boeuf, sculptée en granit. Son dôme est couvert d'ardoises, disposées en écailles de poissons. Il est terminé par un lanternon ajouré surmonté d'une croix et du traditionnel coq-girouette de Saint Pierre.

Le mur extérieur Nord: Ce mur correspond à la partie la plus ancienne (XIIe s.). Il comprend une porte Nord en plein cintre avec contrefort plat. Cet édifice avait à l'origine une simple nef. Le seuil de cette porte et le dallage de la nef semblent avoir la même ancienneté. Les parties les plus travaillées sont l'encadrement de la porte, son arc et la "goutte d'eau" situés juste au-dessus, et surtout à l'intérieur le bénitier, intégré sans scellement aux pierres de la porte, à gauche en entrant, un peu dissimulé par la porte du sas d'entrée. Il est hexagonal, en granit, orné de feuilles d'acanthes sculptées dans la masse et terminées par un petit cul de lampe.

Le Baptistère en marbre date du XVIIIe siécle, sous son couvercle en cuivre fermé par une serrure non apparente, deux bassins ronds. Les deux petites chapelle formant une croix latine datent du XXe s.

Le maître-autel (XVIIe s.) : cet ensemble du maître-autel, avec gradins, tabernacles et anges thuriféraires, est abrité sous un dais semi-circulaire à colonnes doriques. Réalisé dans un style Louis XV, il est adapté au choeur à pans coupés datant de 1778. Le mobilier a été offert en 1781 par Mme de la Villebrune, épouse du Seigneur d'Epiniac. Il comprend le maître-autel et la balustre qui l'enveloppe, trois stalles à droite et une chaire avec abat-voix.
Le maitre-autel en bois est un autel tombeau "galbé". Il est surmonté et entouré d'une balustre sur laquelle repose quatre colonnes qui portent un baldaquin dont les quatre volutes se rejoignent pour soutenir un globe surmonté d'une croix. Le signe PAX est peint à la dorure sur le globe. Sur la face avant de l'autel un motif représente l'agneau immolé sur la croix, couché sur le livre aux sept sceaux de l'Apocalypse.
Les anges disposés symétriquement sur la balustre au-dessus de l'autel, deux anges jumeaux encadrent le tabernacle. En bois sculpté, leurs visages recueillis se ressemblent, leurs membres ont la même position, mais leurs vêtements ne sont pas identiques, tout en présentant des plis harmonieux. D'habitude, les anges sont plutôt représentés avec des trompettes ou des harpes, ici ce sont des thuriféraires. Ils encensent en permanence l'autel et le tabernacle, attestant de la divinité de son habitant, signalé par une lumière rouge.
La tabernacle: sa porte dorée représente un ciboire avec son couvercle. Tout l'ensemble est orné de guirlandes dorées marquant le côté festif des mystères qui sont célébrés à l'autel.

L'autel actuel est constitué d'anciens éléments de la chaire, de même pour la crédence . La balustrade de la tribune est une réutilisation de l'ancienne table de communion qui date de 1788..

       

Textes issus de "Patrimoine des communes d'Ille et Vilaine", Editions Flohic et commentaires de Gérard Le Bouteiller

2- Epiniac

L'église Saint Pierre (1904) , architecte Arthur Régnault.
Cet église est construite par le spécialiste du romano-bizantin dans le diocèse de Rennes, Dol et Saint Malo à la fin du XIXe s. et au début du XXe s. Succédant à un premier sanctuaire médiéval, elle en conserve un certain nombre d'éléments, notamment dans la tour du clocher et comporte un campanile de style cornouaillais.

Le retable du Maître-Autel (XVIIe s.):
Ce retable à ailes en retour provient en grande partie de l'abbaye de la Vieuville, devenu bien national au cours de la révolution.

La mort de la vierge (fin du XVe s.):
Sur l'antepedium de l'autel de la vierge, côté Nord, les apôtres environnent le lit de la vierge et lui administrent les derniers sacrements; l'un deux porte une paire de lunettes tandis qu'un ange descend du ciel, invitant la vierge à y monter. Des personnages en costume, seigneurs et grandes dames, entrent avec respect dans l'appartement pour rendre hommage à la mère de Dieu. Ce bas-relief provient peut-être de l'abbaye de la Vieuville.

Les Vitraux 1904, Verrier CH.Lorin
L'église est doté de vitraux , offerts par divers donateurs. L'un est consacré à Saint Samson, évêque créateur du diocèse de Dol. La scène représente Dubric élevant Samson à l'épiscopat au cours d'un synode en Cambrie. Ces vitraux comportent de nombreux blasons de familles donatrices ou historiques. Ici figurent les armoiries des Houitte de la Chesnaye et de Mgr de Hercé, dernier évêque de Dol. Les oeuvres comprennent enfin le tableau d'un paysage en rapport avec le sujet traité; une vue du Mont Saint Michel accompagne ainsi la représentation de l'Archange

 

4- Le Château des Ormes

L'ancienne résidence de campagne des évêques de Dol est bâtie près de l'eau, en bordure d'une vallée arrosée par le Camfront. ce grand ensemble est composé de 3 éléments alignés Nord-Sud. Au centre se dresse le manoir du XVe s. Ce premier batiment est dominé au Sud par un imposant pavillon Renaissance, presque carré à deux étages. Une corniche modillonnée supporte une toiture à croupes et à forte pente au centre de laquelle émerge une grande tête de cheminée, oeuvre de Charles d'Espinay, évêque de 1560 à 1591. Enfin au Nord du vieux manoir, Urbain de Hercé, dernier évêque de Dol, de 1767 à 1791, élève un grand logis à deux étages, très simple et de hauteur intermédiaire entre celles des deux précédentes constructions.

La porte de la chapelle:
Une grande partie du premier château, au nord est occupée par une chapelle au sol rélevé, éclairée de hautes fenêtres. L'accès au sanctuaire se fait par une porte en arc brisé à tympan sculpté, archivolte à choux frisés et pinacles élancés en prolongement des piédroits.

La Chapelle:
Cette chapelle est aménagée dans la salle synodale après la destruction d'une chapelle indépendante. Le plafond est en bois sculpté. En 1904,lors de la dispersion d'une partie du mobilier de l'ancienne église d'Epiniac, le retable de la vierge est transféré ici. La chapelle abrite également une table de communion en fer forgé, la tapisserie en laine et en soie d'un atelier bruxellois, datée du XVIe s., représentant l'arche de l'Alliance, à travers la Mer Rouge.

Textes issus de Patrimoine des communes d'Ille et Vilaine Editions Flohic

Pour en savoir plus le site du domaine des Ormes

5- La crèche vivante: le 24 décembre, à 18h à l'église, suivie à 20h de la Messe de Noël

La crèche vivante d’Epiniac est un évènement qui mobilise la population locale et qui rassemble largement les participants autour de la fête de Noël. Cette année encore, le décor extérieur avait été planté en temps voulu, mais la météo déplorable a obligé les spectateurs à se réfugier dans l’église. Voici quelques images de cette belle manifestation.

Quelques photos de 2009